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Compétences du futur : les compétences neurocognitives

37e AVENUE

D’ici quelques années, le marché du travail sera dominé par l’économie du savoir, notamment grâce à l’intelligence artificielle qui permettra d’automatiser des tâches administratives et de soutenir la prise de décision à de hauts niveaux. Pourtant, à l’heure actuelle, peu de départements RH sont outillés pour évaluer les compétences « neurocognitives » qui alimenteront cette « économie des cerveaux ».

C’est la thèse défendue par Sofia El Mouderrib, cofondatrice de la firme de ressources humaines nev, qui présentera une conférence sur le thème des compétences neurocognitives, le 9 octobre prochain, dans le cadre du Congrès RH 2019.

« En ce moment, quand on veut évaluer la candidature des travailleurs de l’économie du savoir, on s’attarde aux compétences humaines [leadership, esprit d’équipe] plutôt que techniques [capacité de raisonnement, mémoire sélective, souci du détail] explique la conférencière. Il y a donc tout un groupe d’aptitudes intellectuelles qu’on évalue mal (ou pas du tout). »

Les compétences neurocognitives, constate-t-elle, sont souvent mesurées de manière indirecte, par le biais de questionnaires où le candidat s’évalue ou en épluchant la section « réalisations » de son CV.

Or, il est possible de mesurer concrètement -et en temps réel- des compétences neurocognitives comme la flexibilité cognitive, la tolérance au risque, la capacité d’inhibition et bien d’autres traits cognitifs.

Sofia El Mouderrib et son équipe ont en effet développé des « épreuves » visant à évaluer les aptitudes intellectuelles des travailleurs de l’économie du savoir.

« Tout se passe à l’ordinateur, explique-t-elle. Nous mesurons la réactivité des candidats devant une série d’images qui leur sont présentées. » « Nous n’avons rien inventé, précise toutefois la chercheuse. Nous avons développé nos tests à partir de ce qui se fait en recherche neurocognitive. Nous avons une approche rigoureuse, basée strictement sur la science! »

Un monde d’applications

Sofia El Mouderrib a un parcours académique qui allie la recherche en neuroscience — elle a complété un doctorat en neuropsychologie à l’Université de Montréal — et la psychologie du travail. Il était donc naturel, pour elle et ses partenaires chez nev, d’explorer les façons d’utiliser les neurosciences afin d’aider les organisations à résoudre des problèmes de ressources humaines.

« Je veux montrer comment la recherche neurocognitive trouve des applications concrètes dans le monde du travail », dit Sofia El Mouderrib.

Et ces applications, nombreuses, dépassent de loin le simple recrutement. « Les compétences neurocognitives sont un des meilleurs prédicteurs de la performance au travail, explique la conférencière. On peut donc les utiliser pour concevoir des programmes de développement en interne. Elles permettent aussi, en gestion du changement, de prédire si une équipe de travail résistera ou adoptera le changement. On peut même les utiliser pour cartographier les compétences neurocognitives des employés les plus performants afin d’accorder une plus grande importance à ces compétences lors du recrutement. »